permalien La Jeunesse malgache cherche son ministère

Rédigé le Jeu 01 Mar, 2007 16:21:07 Ajouter un commentaire

MAP, rien que le MAP. On ne jure plus que par le MAP. Comment peut-on se vanter de disposer de cette feuille de route à la limite de la perfection ? et dont, faut-il le rappeler, le contenu a été en grande partie dicté par les bailleurs de fonds -- alors qu?une large partie de la population croule à l?heure actuelle sous les affres de la pauvreté ? Loin de nous de vouloir critiquer à tort le gouvernement actuel mais la situation dans laquelle ce dernier nous a placé nous incite involontairement à pousser un cri de colère à leur endroit. Tous, sans exception? Notamment à ce gouvernement « malgache » qui a oublié plus de 58% de la population « malgache ».

 

Loin des débats actuels sur la constitution ou encore sur les affreuses plaies laissées par les inondations et les cyclones, nous, la jeunesse malgache, avons le mauvais pressentiment d?être laissée dans l?expectative. Aucun département  ministériel n?est plus en ce moment en charge de la jeunesse, alors que nous doutons fort de l?efficacité des interventions sporadiques des autres ministères (éducation, santé et planning familial, etc.). Faudra-t-il le préciser que la jeunesse ne se réduit pas ni à la Santé reproductive des adolescents, ni à la promotion des activités sportives, ni à la lutte contre le Vih/sida, ni à la formation professionnelle ? Qui, encore faut-il, sont en grande partie financés par les bailleurs et les Nations Unies ?

 

On ne peut justifier cet abandon de la jeunesse malgache par les échecs successifs des précédents ministères, et le fait qu?un footballeur ait relayé un basketteur ne résout en rien les difficultés, auxquelles nous devons quotidiennement faire face. Nous savons que vous êtes trop occupé à assurer le succès des jeux des îles, l?unique et seule mission qu?on vous a confiée !  On a tendance à croire qu? ? avec ce regard tourné en permanence vers l?extérieur -- le pays veut à tout prix asseoir une image positive sur le terrain international, mais qui n?est malheureusement qu?apparente.

 

On a beau associé la jeunesse à l?élaboration de la politique nationale, adoptée en 2004 (loi 2004 ? 028), à certains forums et ateliers qui nous sont exceptionnellement destinés, mais sur le terrain des réalisations, on a du mal à tâter les résultats. La volonté à elle seule ne suffit pas. Les Comités nationaux de la jeunesse, les centres de conseils pour les jeunes? ne font aujourd?hui figure que d?institutions? non fonctionnelles. Gouvernement de Madagascar, on ne peut laisser les jeunes aux dépens des activités menées ici et là par  les petites ONG et associations. Osez prendre en main le destin de cette génération future qui obligatoirement doit se conjuguer au présent !

 

Ne voyaient pas en la jeunesse une problématique, mais plutôt une force qui peut -- plus que vous le croyez -- relever ce pays de son désarroi. Les termes, plutôt juridiques que pratiques ? donc moins compréhensibles ? inscrites, et dans la Politique Nationale de la Jeunesse, et dans le MAP,  ne peuvent rester lettre morte.

 

Sachez que vous avez en ce moment sous vos bras une jeunesse minée par le désespoir. Nombreux d?entre nous ont déjà dévié du droit chemin que vous nous avez promis : prostitution, violence, drogue, etc. Madagascar compte plus de 4 millions d?adolescents, 9 millions d?enfants,? alors que : environ 800 000 enfants et jeunes d?entre nous ne vivent plus avec nos vrais parents ; seuls 600 000 d?entre nous ont eu droit à l?école secondaire ; seuls 15 000 d?entre nous ont fait un test dépistage ; 63% des décès des jeunes femmes dans la ville d?Antananarivo sont liés à l?avortement ; plus de 1,6 millions d?enfants sont soumis au travail ; plus de 60 000 crimes et délits sont commis chaque année à Madagascar dont pour la plupart par des jeunes, et ? on en passe.

 

Offrez nous l?opportunité de participer pleinement au développement de notre pays.